Archives départementales de l'Indre

11 décembre 2025

Le mètre à la bonne mesure ?


Sous l’Ancien Régime, les poids et mesures n’étaient pas uniformes dans le royaume : il y avait pour ainsi dire autant de poids et mesures que de seigneurs ! Ainsi, la province du Bas-Berry en comptait une cinquantaine. On faisait référence dans les transactions à la mesure d’Argenton, à celle de Châteauroux ou encore à celle d’Issoudun par exemple. Les longueurs étaient mesurées en toise avec ses sous-multiples : pieds et pouces. La lieue servait pour mesurer une distance alors que l’aune était employée pour les étoffes. Pour évaluer une quantité de grains, on employait le boisseau, ou le minot pour le sel.

Ces différences de mesures d’une région à l’autre ne favorisaient pas le commerce à grande échelle. Le besoin d’avoir un système uniforme dans tout le pays se manifeste de plus en plus. Les Révolutionnaires y répondront par la loi du 1er août 1793 qui instaure le système métrique basé sur une nouvelle unité de mesure : le mètre. Ce dernier a été calculé pour représenter la dix-millionième partie du quart de l’arc du méridien terrestre. La réforme mise en pause pendant la Terreur reprend en 1795 (loi du 18 germinal an III, 7 avril 1795) qui fixe la nomenclature actuelle des unités de mesure de surface, de volume et de poids. Cependant, les habitudes sont difficiles à faire changer et les anciennes mesures continuent d’être utilisées. De plus, cette pratique est renforcée par un décret du 12 février 1812. Celui-ci rétablit pour le commerce les anciennes unités de mesure (aune, toise, boisseau, livre…) mais avec des valeurs adossées au système métrique. Par exemple, une toise sera égale à deux mètres, une aune à douze décimètres. Les sources de confusion et de fraude sont nombreuses. Pour y mettre un terme définitivement, la loi du 4 juillet 1837 complétée par l’ordonnance royale du 16 juin 1839 reproduite in extenso sur l’affiche met fin à l’usage des anciennes mesures et rend obligatoire le système métrique à partir du 1er janvier 1840.

C’est pourquoi, dans l’objectif d’opérer la transition entre l’ancien et le nouveau système, l’affiche présente les nouvelles unités de mesure que sont le mètre, l’are, le litre, le gramme, le stère, déclinées dans neuf tableaux avec leur équivalence dans l’ancienne unité de mesure. À noter également qu’un décimètre est reproduit à l’échelle 1 pour permettre à la population de mieux se représenter la valeur d’un dixième de mètre.

Indicateur métrique des poids et mesures.
Indicateur métrique des poids et mesures.

Cote : 48 J 6B 77

Date : 1840

Éditeur/imprimeur : Imprimerie de Cosse et Gaultier-Laguionie, rue Christine n° 2, Paris

Dimensions : 64 x 48 cm

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