Archives départementales de l'Indre

13 décembre 2025

Les jolies colonies de vacances…


Quand vient la fin de l’année scolaire, les grandes vacances assaillent toutes les pensées des enfants mais également celles des parents. Comment occuper ces chers bambins ? Les colonies de vacances semblent être l’une des meilleures alternatives pour les distraire durant cette période estivale. La question n’existe que depuis la seconde moitié du XXe siècle, puisque ce format de « grandes vacances » était auparavant surtout utile pour restituer aux familles une main-d’œuvre lors des travaux saisonniers dans les champs.

Les premières colonies s’organisent sous le patronage catholique. Dans le département de l’Indre, un exemple illustre parfaitement ce phénomène au collège catholique de Lourdoueix-Saint-Michel où les Pères accueillent jusqu’au milieu du XXe siècle en leur établissement les colons parisiens le temps d’un été. L’enfant partage son temps entre les leçons de la vie commune et des activités en plein-air, telles que des promenades dans la Vallée Noire et des baignades dans la Creuse. Ces loisirs encadrés sont un moyen pour agir contre l’ennui et les jeux violents de rue, ils se veulent une aide morale et sociale pour l’enfant.

À la suite des mouvements de scoutisme et des auberges de jeunesse d’après-guerre, les colonies de vacances se multiplient. Avec l’élan insufflé par les congés payés de 1936, une première législation sur les œuvres de vacances paraît en mai 1937. L’année suivante, la Fédération nationale des œuvres laïques de vacances d’enfants est créée à l’initiative de Georges Lapierre, secrétaire général adjoint du Syndicat National des Instituteurs, pour favoriser les départs en centres de vacances, tout en sauvegardant le principe de laïcité des congés scolaires. Elle est ensuite reconnue d’utilité publique par décret du 20 juin 1949 et devient la Confédération des œuvres laïques de vacances d’enfants et d’adolescents, dite Jeunesse au Plein Air (JPA), représentée par les deux affiches ci-dessous.

L’illustrateur de ces documents iconographiques est Henri Monier (1901-1959), connu pour sa collaboration avec Le Canard Enchaîné. Il prend la suite du dessinateur Francisque Poulbot auprès de la JPA et produit de nombreux dessins et affiches de 1947 à 1959. Les couleurs vives et le coup de crayon dynamiques du dessinateur, alliant réalisme et fantaisie, rendent attractives ces affiches dont le but est d’inciter les parents à verser des dons pour financer les vacances des enfants. Ces deux affiches faisant partie d’une campagne visant à promouvoir les colonies de vacances et la vente de timbres dépeignent des scènes enjouées où des enfants s’adonnent à diverses activités nautiques et musicales. L’éducation civique et morale reste de mise mais par le biais de ces dessins, apparaît également l’intégration d’apprentissages sportifs telle la navigation. Henri Monier privilégie donc un ton optimiste, éducatif et coloré contrastant avec les années sombres de l’après-guerre. Ces affiches au fond maritime sont une invitation à la joie et à l’aventure et semblent refléter l’adage que les vacances tout comme les voyages forment la jeunesse !

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