3 décembre 2025
« Il voulait toujours Nohant et ne supportait pas Nohant... »
Il n’était certainement pas fait pour vivre longtemps en ce monde, ce type extrême de l’artiste
George Sand, apprenant la mort de Frédéric Chopin le 17 octobre 1849
A vingt ans Chopin n’avait plus rien à prouver dans son pays, la Pologne. Enfant prodige né en 1810, il avait déjà à sept ans écrit deux polonaises et joué devant la mère du Tsar. Le jeune adolescent était devenu l’invité familier des salons de Varsovie où sa virtuosité de pianiste et son talent d’improvisateur attiraient de nombreuses critiques qui osaient le comparer à Mozart. Face aux tumultes des soulèvements européens de 1830, Chopin arrive à Paris en 1831. Grâce au prince Radziwill, il rencontre le Tout-Paris et côtoie Cherubini, Mendelssohn ainsi que la Malibran, sœur de Pauline Viardot, elle-même grande amie de George Sand. Il fait la connaissance de cette dernière en 1836 grâce à Franz Liszt. Leur liaison commence au printemps 1838, puis s’ensuit le lamentable voyage à Majorque, lors duquel la santé de Chopin se dégrade. Pourtant, à leur retour depuis Marseille jusqu’à Nohant, Frédéric Chopin découvre peu à peu une campagne qui lui rappelle sa chère Pologne, et lorsqu’il franchit les grilles du domaine berrichon, à ce moment peut-être, l’exilé se sent chez lui. A Nohant, un piano commandé chez Camille Pleyel l’attendait déjà. Au cours du premier été 1839, Chopin termine la Sonate en si mineur, l’Impromptu en fa dièse majeur, le Nocturne en sol mineur et les trois Mazurkas. « Chaque été, jusqu’en 1846, Chopin viendra ainsi oublier les fatigues de la vie parisienne, son travail quotidien de pédagogue renommé, les soirées mondaines dans les salons de l’aristocratie polonaise émigrée où il est reçu comme un prince, l’angoisse de concerts qu’il ne peut refuser et qu’il redoute » rapporte Sylvie Delaigue-Moins dans Pologne et Polonais au temps de Frédéric Chopin et George Sand.
Si la maison de Nohant a certainement été « la chance de Chopin », George Sand a également grandement contribué à prolonger sa vie et à sauver l’œuvre du musicien : on sait qu’à partir de leur rupture en juillet 1847, la santé de Chopin s’est beaucoup détériorée et que sa création s’est réduite pour laisser, à sa mort en 1849, des œuvres inachevées.
Un siècle après, plusieurs pays en Europe, à commencer par la Pologne et la France, honorent la mémoire du maître en organisant des manifestations tels que des concerts, des expositions et également la production de médailles du souvenir d’un virtuose resté, dans les mémoires, exceptionnel.